Historique Familles Rurales

Si les associations familiales à tradition œcuméniques existent depuis la fin du 19ème siècle, Familles Rurales est née plus tardivement, à la fin de la seconde guerre mondiale. Ses objectifs initiaux étaient l’organisation d’échanges d’enfants citadins entre ville et campagne, pour leur permettre d’accéder à une meilleure nourriture pendant et après la « libération ».

Cette activité était apolitique et non-confessionnelle, ce qui restera dans l’ADN de Familles Rurales, comme pour d’autres mouvements fédératifs de l’après-guerre.

Pendant la reconstruction, les associations Familles Rurales (AFR) du quart-ouest agricole de la France se préoccupent d’hygiène et du gain de temps dans les tâches ménagères, à une époque où l’indice de fécondité était de 3 enfants par femme. Les AFR mettent en place :

  • Des coopératives de lavage de linge, avec des machines à laver prêtées aux adhérents et remorquées entre hameaux ;
  • Des cours « d’arts ménagers » ;
  • Et petite amorce vers les « trente glorieuses » et l’ère des loisirs de masse : des cinémas itinérants.

Progressivement, se mettent en place des projets pour tous les enfants issus du  baby boom  : les « ruches », premiers centres aérés, sont une alternative au scoutisme.

Les années 1960 confirment les gains de productivité pour toute la nation. Du temps non travaillé est disponible pour toutes et tous, les femmes s’émancipent et s’organisent en clubs ou « sections » (couture, musique…) au sein des associations.

L’exode rural et la centralisation de l’économie vident progressivement les territoires ruraux, tandis que les normes de confort acceptable augmentent. Les enfants ne sont plus laissés seuls sur les chemins vicinaux pour aller à l’école ou ne mangent plus un repas tiré du cartable. De nombreuses AFR organisent le ramassage scolaire en car ou des cantines.

Les chocs pétroliers des années 1970 freinent la croissance, le climat économique se détériore, les politiques publiques appliquent les premières coupes franches. Familles Rurales s’investit :

  • Dans le maintien des services et commerces en territoires très ruraux ;
  • Dans le soutien aux consommateurs et dans la prévention du surendettement ;
  • Dans un lobbying accru pour conserver des avantages économiques aux familles (voir la liste des acquis obtenus par le mouvement)  (doc à télécharger) ;

Avec les années 1980 apparaissent les enchérissements du coût de l’immobilier et la stagnation des salaires. Pour accéder à la propriété foncière, tous les conjoint.e.s doivent travailler, ne serait-ce qu’à temps partiel. Un fort besoin de garde d’enfants se fait jour. Avec la mobilité géographique professionnelle des familles, les grands-parents autrefois gardiens de leurs petits-enfants, sont plus éloignés et seulement accessibles durant les « petites et grandes vacances ». Il faut faire alors appel à des « nounous » ou à des garderies. Des AFR ouvrent de telles structures, dans des conditions simplifiées par rapport aux normes d’aujourd’hui. Dans le Gard, la crèche de Langlade ouvre dans un «Algeco » (préfabriqué livrable par camion).

 

Dernière décennie avant le nouveau millénaire. Le rétrécissement des services publics n’est pas compensé par l’effort de décentralisation des administrations. Les Relais Familles, mini-centres sociaux, reprennent l’ancienne idée des « secrétariats sociaux » en la renforçant sur les thèmes actuels : l’emploi et les accès aux droits. Les Relais Familles nouent des conventions avec les services parapublics pour proposer aux usagers les services de base associés, par exemple : Pôle-Emploi, la Poste, la CAF ou la MSA. La Fédération du Gard a créé 4 Relais Familles.

L’emploi était et reste une préoccupation forte. Des chantiers d’insertion sont créés à la fin des années 1990, et la Fédération du Gard appuie les associations locales en étant l’employeur administratif de tous les personnels en Contrats Emploi-Solidarité oeuvrant dans les crèches et accueils de loisirs communaux.

La société se durcit inexorablement durant les années 2000 et 2010. En particulier, la jeunesse connaît une situation de mal-être global face à un avenir professionnel et écologique incertain. Les actions de prévention naissent, sur les thèmes de :

  • Soutien à la fonction parentale sur les pratiques en santé et en éducation ;
  • Prévention en santé (nutrition) ;
  • Prévention en sécurité routière ;
  • Prévention face aux addictions et conduites à risques ;
  • Et plus récemment, prévention sur les réseaux sociaux.

 

Télécharger